Soutien au Hezbollah : la police britannique va-t-elle agir ?
Un groupe d'activistes bahreïnis a rendu hommage à Hassan Nasrallah dans une lettre d'information depuis supprimée.
Dexter Van Zile, Violin Family Research Fellow au Forum du Moyen-Orient, est rédacteur en chef de Focus on Western Islamism. Avant d’occuper ce poste, Van Zile a travaillé pendant seize ans au Committee for Accuracy in Middle East Reporting and Analysis, où il a joué un rôle de premier plan dans la lutte contre la désinformation diffusée dans des églises chrétiennes par des chrétiens palestiniens et dans la réfutation de la propagande antisémite diffusée par des nationalistes blancs et leurs alliés aux États-Unis. Ses articles ont paru dans le Jerusalem Post, le Boston Globe, la Jewish Political Studies Review, l’Algemeiner et le Jewish News Syndicate. Il est l’auteur de nombreuses études universitaires et de chapitres d’ouvrages consacrés à l’antisionisme chrétien.

Pour un homme qui répète à tous qu'il est un homme de paix et un promoteur des droits de l'homme, Saeed Shehabi, dissident bahreïni installé à Londres, a la fâcheuse habitude de faire l'éloge de va-t-en-guerre, de haineux des Juifs et de tueurs. En février, Focus on Western Islamism (FWI) a rendu compte des efforts de Shehabi pour promouvoir des événements organisés par l'ambassade d'Iran à Londres afin de commémorer la mort de l'ayatollah Khomeini.
Mis en cause au sujet de ses démarches — menées sous le pseudonyme de John Hughes — visant à promouvoir la commémoration de la mort d'un dirigeant qui a ordonné l'exécution de milliers de citoyens iraniens durant son règne, appelé à la destruction d'Israël et dirigé un régime responsable de la mort de citoyens britanniques, Shehabi a mis en avant le statut de l'ayatollah comme « une autorité religieuse de premier plan », déclarant que « sa disparition, comme celle d'autres grands savants tels que [Khomeini], est marquée par la récitation du Coran et, éventuellement, par quelques propos sur sa vie et sa pensée religieuse ».
Or, il s'avère que Shehabi a encore des explications à fournir, mais cette fois-ci il ne répond pas aux courriels de FWI, qui s'est procuré une newsletter publiée par la Voice of Bahrain (VoB) — un média avec lequel Shehabi entretient des liens étroits — encensant Hassan Nasrallah, qui, en 2002, avait déclaré que si tous les Juifs « se rassemblent en Israël, cela nous évitera la peine d'aller les chercher partout dans le monde ». Cette même année, il déclarait que les Palestiniens devaient exporter la pratique des attentats-suicides dans le monde entier.
Dans un numéro 2024 de sa newsletter (aujourd'hui supprimée de son site), VoB a publié une déclaration des Forces de l'opposition bahreïnie « sur le martyre du secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah ». Le texte adressait à Nasrallah ses « sincères condoléances et félicitations » pour son « martyre », le présentant comme « le chef de cette grande et immortelle résistance ». « Résistance » est une drôle de façon de décrire les actes d'un dirigeant qui a un jour qualifié Israël d'« entité cancéreuse et racine de toutes les crises et de toutes les guerres » et déclaré que lui et ses partisans « ne peuvent reconnaître l'existence d'un État appelé Israël, pas même dans un avenir lointain, comme certains ont tenté de le suggérer ».
Il s'avère que VoB est étroitement associée au Bahrain Freedom Movement, que Shehabi a cofondé, et indique comme adresse une boîte postale dont une recherche en ligne laisse penser qu'elle appartient à un « S Shehabi ». Shehabi n'a pas répondu aux questions de FWI sur la déclaration pro-Nasrallah, et pour cause. En encensant Nasrallah, le chef du Hezbollah, une organisation que le gouvernement britannique a désignée comme organisation terroriste, VoB a peut-être enfreint le droit britannique, qui interdit toute expression de soutien à ce type d'organisations.
Shehabi a lui-même fait l'éloge du chef d'une organisation interdite. Fin 2024, The Times rapportait qu'en 2020 Shehabi « aurait tweeté que Qassem Soleimani, le commandant du CGRI tué par une frappe de drone américain, était un héros ».
The Times rapportait en outre que Shehabi
En réponse à la controverse, un porte-parole du Dar Alhekma Trust, une organisation caritative britannique dont Shehabi était administrateur, a déclaré que Shehabi « n'est pas allé au-delà d'une description du caractère du commandant ». Shehabi lui-même a déclaré : « Mes propos ne cautionnaient pas la violence, mais exprimaient une solidarité avec les opprimés. »
Au bout du compte, voici ce qui ressort : Saeed Shehabi et la VoB ont dit du bien des dirigeants d'un régime qui déteste le Royaume-Uni. Des dirigeants iraniens ont fomenté de nombreuses attaques contre des citoyens et des institutions au Royaume-Uni, notamment contre deux journalistes basés au Royaume-Uni en 2024. En 2005, le Premier ministre britannique Tony Blair déplorait la mort de nombreux soldats britanniques tués en Irak par des bombes en bord de route (engins explosifs improvisés) de fabrication iranienne. Le 7 octobre, 14 citoyens britanniques ont été tués par le Hamas, un mandataire de l'Iran.
Shehabi est septuagénaire, mais tout cela devrait, tôt ou tard, attirer l'attention de la Metropolitan Police (qui n'a pas encore répondu à une demande de FWI).
Quand Shehabi paiera-t-il enfin pour sa propagande au service de terroristes iraniens ?
Et la paiera-t-il un jour ?