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Observer

Le Pakistan choisit la lâcheté et renie son pacte de défense avec l'Arabie saoudite

Riyad devrait manifester son mécontentement en renvoyant chez eux tous les résidents et travailleurs pakistanais.

Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman and Pakistani Prime Minister Shehbaz Sharif in September 2025.
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, en septembre 2025. · Shutterstock

Le 9 septembre 2025, les Forces de défense israéliennes ont tenté d’assassiner des dirigeants du Hamas à Doha, au Qatar. Elles ont échoué. Non seulement le gouvernement qatari a réagi avec indignation, mais nombre d’autres États arabes et islamistes aussi.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif s’est rendu à Doha pour exprimer sa solidarité. Le Pakistan a réclamé une session d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies pour condamner Israël, et Islamabad a pris part au sommet arabo-islamique organisé dans la foulée à Doha. En marge de ce sommet, Sharif et le chef d’état-major de l’armée pakistanaise Asim Munir — le véritable détenteur du pouvoir au Pakistan — ont jeté les bases d’un accord stratégique de défense mutuelle entre le Pakistan et l’Arabie saoudite.

Le 17 septembre 2025, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et Sharif ont signé l’accord qui, selon le communiqué officiel pakistanais, stipule que « toute agression contre l’un des deux pays sera considérée comme une agression contre les deux ».

Le traité a non seulement déclenché une curée d’analystes politiques contre Israël et la prétendue gravité de sa bévue au Qatar, mais il a aussi relancé les discussions sur la formation inévitable d’une « OTAN islamique ». La Turquie, par exemple, a laissé entendre qu’elle pourrait rejoindre l’alliance. Ben Salmane a autorisé l’ouverture de discussions sur des pactes de défense avec l’Égypte et la Somalie. Juan Cole, professeur à l’université du Michigan et blogueur prolifique, a soutenu que, stratégiquement, le Pakistan constituait pour l’Arabie saoudite une meilleure prise qu’un accord avec Israël.

« Le Pakistan, un pays musulman de quelque 250 millions d’habitants, avec une armée qui se classe au 12e rang mondial et qui possède un arsenal d’armes nucléaires. De fait, le Pakistan se situe au-dessus d’Israël, qui n’arrive qu’au 15e rang du Global Firepower Index. La seule faiblesse du Pakistan en comparaison avec Israël, ce sont ses finances », a écrit Cole.

Lorsque des missiles se sont abattus sur Riyad, pourtant, le Pakistan était introuvable. Avec une frontière commune de 565 miles avec l’Iran, le Pakistan aurait pu répondre immédiatement à l’« agression contre les deux » commise par l’Iran. À tout le moins, un déploiement pakistanais vers la frontière aurait contraint la République islamique à adopter une posture plus défensive. Le Pakistan n’a pas davantage condamné l’Iran lorsque celui-ci a lancé des attaques contre les infrastructures énergétiques qataries — des installations où les États-Unis n’avaient ni présence ni intérêt. Au contraire, tandis que drones et roquettes pleuvaient sur ses supposés alliés, Islamabad est resté silencieux.

Alors que la guerre fait rage dans le golfe Persique, le Pakistan a intensifié ses attaques contre l’Afghanistan. Une frappe aérienne pakistanaise du 16 mars 2026 sur un hôpital près de Kaboul aurait tué plus de 400 civils ; contrairement à Gaza, cet hôpital ne servait pas aussi de poste de commandement militaire. Le Pakistan a déclaré la « guerre ouverte » à l’Afghanistan.

Une telle déclaration de guerre a peu de justification. Le Pakistan a largement créé les talibans, et le groupe est resté son supplétif tout au long de la présence américaine. Si Islamabad s’irrite de voir les talibans suivre une ligne de plus en plus indépendante pour défendre leur conception des intérêts nationaux afghans, cela ne constitue en rien un casus belli. Il apparaît plutôt de plus en plus clairement que la belligérance du Pakistan envers l’Afghanistan n’a qu’un seul objectif : fournir aux autorités pakistanaises un prétexte pour ne pas respecter et honorer leur accord stratégique de défense mutuelle avec l’Arabie saoudite.

Autrement dit, Asim Munir est un lâche. Il parraine le terrorisme contre des hindous désarmés dans des stations touristiques comme Pahalgam, mais il hurle et joue les victimes lorsque l’Inde riposte en détruisant plusieurs camps d’entraînement terroristes et aérodromes pakistanais. De même, il signera des accords, bomberra le torse en acceptant de nouveaux titres, mais dès qu’il s’agit d’honorer ses engagements, il trouve des excuses.

Ben Salmane n’est pas exempt de responsabilité. Il était si résolu à constituer son propre « Axe des Ikhwan » qu’il a cru aux fanfaronnades et à l’autoglorification de Munir. En concluant son accord avec le Pakistan, il pensait pouvoir engager l’Arabie saoudite dans une nouvelle direction, moins dépendante d’un partenariat de défense vieux de plusieurs décennies avec les États-Unis.

Les Émirats arabes unis ont fermé des institutions iraniennes et pourraient bientôt renvoyer des Iraniens chez eux. Le Qatar, lui aussi, expulserait des diplomates iraniens. L’Arabie saoudite n’a peut-être jamais ouvert ses portes à autant d’expatriés iraniens, mais Riyad devrait manifester son mécontentement face aux mensonges de Sharif et de Munir en renvoyant chez eux tous les résidents et travailleurs pakistanais. Après tout, si le Pakistan fait face à une menace afghane telle qu’il ne peut honorer ses engagements, alors il mérite assurément que les Pakistanais rentrent prêter main-forte à leur patrie.

Les travailleurs indiens peuvent aisément combler le vide. Aujourd’hui comme demain, ils représentent une main-d’œuvre bien plus sûre et plus stable. Et si le gouvernement pakistanais craint de perdre plus de 3 milliards de dollars par mois de transferts de fonds de ses ressortissants travaillant en Arabie saoudite, alors peut-être Sharif et Munir devraient-ils simplement restituer une partie de l’argent qu’eux-mêmes et d’autres hauts responsables politiques et officiers généraux ont volé au fil des ans. Appelons toute alliance de défense avec le Pakistan par son nom : un axe de la lâcheté.

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