Chaque frappe houthie sur Israël mérite une frappe israélienne sur l'Iran
Après le tir de missile sur Ben Gourion, voici dix aéroports que l'aviation israélienne devrait viser à l'intérieur de l'Iran.

Le 4 mai 2025, un missile balistique tiré par les Houthis du Yémen a frappé l’aéroport international Ben Gourion, principal aéroport civil d’Israël. Que les Houthis prennent pour cible un aéroport civil ne doit pas surprendre : ils ont, après tout, visé plus de 1 000 cibles civiles en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, dont des aéroports civils dans les deux pays. Si les Yéménites n’ont jamais manqué d’armes, les missiles balistiques que les Houthis tirent sur Israël, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis proviennent d’une seule source : la République islamique d’Iran. Ils leur parviennent par l’une de deux voies : soit par le port de Hodeïda, sur la mer Rouge, que les Houthis contrôlent sous le cache-sexe des Nations unies et d’une opération prétendument neutre, soit via la contrebande par le sultanat d’Oman, pays qui, comme le Qatar, se drape dans le rôle de médiateur tout en cherchant activement à privilégier les terroristes au détriment du gouvernement reconnu par la communauté internationale.
Israël a déjà frappé le port de Hodeïda, mais lui comme la communauté internationale restent timorés face à Oman. L’administration Trump rechigne à stationner des forces américaines à l’étranger, mais d’autres — le Royaume-Uni, peut-être — pourraient en déployer à Mazyunah, zone industrielle à cheval sur la frontière omano-yéménite qui sert de point de passage à la contrebande d’armes d’Oman vers le Yémen. Ces forces devraient comprendre à la fois des opérateurs de drones et des équipes d’interdiction capables de surveiller les routes de contrebande vers le Yémen et de les neutraliser rapidement.
La volonté d’Oman d’accueillir des négociations sur toute une série de dossiers internationaux ne doit pas lui valoir de « carte de sortie de prison », ni en matière de sanctions unilatérales ni s’agissant d’une inscription sur la liste du Groupe d’action financière pour financement du terrorisme. Au contraire, si le double jeu de Mascate se poursuit, l’administration Trump devrait envisager de déplacer ces négociations d’Oman vers des pays comme l’Arménie qui, à l’instar d’Oman et du Qatar, entretiennent des relations cordiales avec l’Iran sans pour autant lui être acquis et se situent davantage dans le camp pro-occidental.
Cela dit, si Oman peut poser problème, il n’est que le miroir de l’écran de fumée des Houthis derrière lequel opère le Corps des gardiens de la révolution islamique. L’Iran ayant franchi l’an dernier la ligne rouge qui, depuis longtemps, contenait les hostilités entre la République islamique et l’État juif, il est essentiel qu’Israël réponde de la même manière non seulement aux Houthis, mais aussi à ceux qui les approvisionnent et paient leurs salaires. Le terrorisme est une tactique derrière laquelle se cache un simple calcul coûts-bénéfices : il fonctionne lorsque le coût d’une opération est inférieur au prix que ses commanditaires doivent payer.
S’en prendre à l’aéroport international Ben Gourion terrorise Israël et menace de faire peser des coûts très lourds sur son économie, à mesure que le tourisme et le trafic aérien s’immobilisent ou que, à tout le moins, les primes d’assurance que doivent payer les compagnies aériennes deviennent trop élevées.
En conséquence, Israël devrait riposter contre les principaux aéroports iraniens. L’aéroport international Imam-Khomeiny — sa tour de contrôle, ses pistes et ses terminaux — devrait être mis hors service, ces derniers frappés quelques heures plus tard afin de limiter les pertes civiles, puisque l’arrêt des opérations aéroportuaires conduira les passagers à rentrer chez eux. Israël devrait en outre fermer l’aéroport international de Mehrabad, l’ancien aéroport de Téhéran, situé en plein centre urbain. Mehrabad sert aujourd’hui principalement aux vols intérieurs et de plateforme logistique militaire. Karaj est à Téhéran ce que Baltimore est à Washington, D.C. L’aéroport international de Karaj est exploité par le Corps des gardiens de la révolution islamique et constitue une plaque tournante majeure pour son fret aérien et ses transferts d’armes. En clair, Israël devrait frapper l’aéroport de Karaj de telle sorte qu’il cesse d’exister.
Les forces israéliennes devraient ensuite frapper sept autres aéroports : Machhad, deuxième ville d’Iran ; Bandar Abbas, sa grande ville portuaire ; ainsi que Tabriz, Ispahan et Chiraz, toutes grandes villes de l’intérieur. Les forces israéliennes devraient également détruire l’aéroport de Tchabahar, la grande ville portuaire iranienne sur l’océan Indien, ainsi que celui de l’île de Kish, zone exemptée de visa et lieu de villégiature détenu et exploité par le Corps des gardiens de la révolution islamique, par lequel transite une contrebande considérable. Les Gardiens de la révolution ont enlevé l’ancien analyste du FBI Robert Levinson alors qu’il se trouvait à Kish, ce qui confère aussi à l’endroit une importance symbolique.
Ce n’est que lorsque Israël, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis auront compris qu’ils doivent répondre au décuple à l’Iran pour chaque frappe que les Houthis dirigent contre eux que les responsables à Téhéran concluront que le calcul coûts-bénéfices du soutien à la terreur houthie ne penche plus en leur faveur.
