MEF Menu
Middle East ForumSupport MEF
Forum du Moyen-Orient · Middle East Forum
Observer

Il est temps pour Oman de fermer sa porte aux houthistes

Alors que les missiles houthistes visent des civils en Arabie saoudite, le sultan Haitham ben Tariq doit comprendre qu'il ne fait pas avancer la paix.

Oman's Sultan Haitham bin Tariq.
Le sultan d'Oman, Haitham ben Tariq. · Shutterstock

Oman, comme le Qatar, aime se poser en médiateur sur lequel toutes les parties peuvent compter. Tandis que le Qatar s’est taillé un rôle d’intermédiaire tant auprès des talibans que du Hamas, Oman cherche à s’imposer comme le médiateur incontournable de l’Iran et des houthistes.

Jake Sullivan, alors proche de la secrétaire d’État Hillary Clinton, s’est rendu secrètement à Mascate pour amorcer le processus qui allait aboutir au Plan d’action global commun de 2015. Il a saisi une offre iranienne que ses prédécesseurs américains, démocrates comme républicains, avaient écartée, jugeant son origine incertaine et estimant qu’elle transitait par des responsables iraniens qui n’avaient pas prise sur les dossiers qu’ils entendaient aborder.

Si les diplomates omanais présentent leur position comme vertueuse, et peut-être souhaitent-ils sincèrement qu’elle le soit, il arrive un moment où donner une tribune à un groupe indifférent à la paix fait de l’hôte une partie du problème. Alors que les missiles houthistes frappent des cibles civiles en Arabie saoudite, le sultan Haitham ben Tariq doit en conclure qu’il ne fait pas avancer la paix mais qu’il blanchit plutôt les excès d’un belligérant et lui confère une légitimité. Mohammad Abdulsalam, le négociateur en chef et porte-parole des houthistes, vit à Mascate depuis des années ; des informations publiées continuent de le situer dans la capitale omanaise en septembre 2026.

Si le gouvernement omanais tenait à la paix, Mascate expulserait les houthistes, vers l’Arabie saoudite peut-être, en déclarant qu’Oman offrira toujours ses bons offices pour une médiation authentique, mais qu’il ne permettra à aucun groupe de demeurer sur son sol lorsque cette organisation attaque ouvertement d’autres membres du Conseil de coopération du Golfe. À défaut, Oman signale qu’il est acceptable de tirer des missiles sur l’aéroport international de Riyad.

Renvoyer les houthistes servirait davantage la paix que des négociations interminables et insincères. Cela tracerait une ligne rouge définissant la limite des comportements que même Oman peut tolérer. Ce n’est que lorsque les houthistes accepteront de respecter les règles de la guerre qu’Oman, ou tout futur médiateur, devrait leur accorder le privilège d’une présence.

Si le sultan Haitham et le ministère omanais des Affaires étrangères choisissent au contraire de protéger la présence houthiste, le Conseil de coopération du Golfe devrait envisager de suspendre Oman, voire de l’exclure, et les États-Unis devraient envisager une escalade coercitive commençant par des sanctions contre Oman pour toute transaction financière impliquant des représentants houthistes, pour aboutir à une désignation comme État soutenant le terrorisme.

Trop de pays se tournent vers la médiation pour contourner l’obligation de rendre des comptes, plutôt que pour parvenir à la paix. L’inclination d’Oman, sinon sa sympathie, envers la République islamique devrait le disqualifier d’un rôle de médiateur. Punir les médiateurs insincères améliorera les médiations futures, en contraignant les ministères des Affaires étrangères à admettre qu’eux aussi ont quelque chose à perdre s’ils s’acquittent mal de leur tâche ou laissent leurs protégés faire de même.

Il y a là une leçon, aussi, pour les États-Unis, l’Arabie saoudite et les autres pays opposés aux houthistes : aucun pays ne devrait traiter avec un médiateur qui veut le voir perdre. Aujourd’hui, les Omanais font bien davantage pour entretenir le problème houthiste que pour le résoudre. Il s’agit probablement d’un choix délibéré de leur part, dont Mascate devrait répondre si elle s’entête dans le statu quo.